Dans ce poème publié à titre posthume par les amis de Pierre de Ronsard, l’orthographe a été modernisée.
Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démuselé, dépulpé,
Que le trait de la Mort sans pardon a frappé
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.
5 Apollon1 et son fils2, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir ; leur métier m’a trompé
Adieu, plaisant Soleil ! mon œil est étoupé3,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.
Quel ami me voyant en ce point dépouillé
10 Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,
En essuyant mes yeux par la Mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis !
Je m’en vais le premier vous préparer la place.
Pierre de Ronsard, Derniers vers, 1586 (publication posthume).
1. Apollon : dieu grec des arts, du chant, de la musique, de la beauté masculine, de la poésie et de la lumière.
2. Asclépios : dieu grec de la médecine, fils d’Apollon.
3. Étoupé : assourdi, feutré (en parlant d’un son).
Source : https://lesmanuelslibres.region-academique-idf.frTélécharger le manuel : https://forge.apps.education.fr/drane-ile-de-france/les-manuels-libres/francais-seconde/-/tree/master?ref_type=heads ou directement le fichier ZIPSous réserve des droits de propriété intellectuelle de tiers, les contenus de ce site sont proposés dans le cadre du droit Français sous licence CC BY-NC-SA 4.0 